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Interview/ Charlotte Dipanda : « J’aime l’idée de savoir que mon homme ait peur de me perdre…»

By Dariche Nehdi | culturebene.com

Elle est venue présenter officiellement son nouvel album, Massa, aux siens, le temps d’une petite tournée entre Douala et Yaoundé les 10 et 11 Avril prochains. Charlotte Dipanda nous a gentiment ouvert les portes de son cœur, et vous serez surpris des révélations que vous réserve cet entretien exclusif…

Nouvel album et une fois de plus un retour dans ta terre qui t’a vu naître, certainement c’est plus pressions que d’émotions que tu ressens ces derniers temps …

Bah, ouais ; quand on a fait un album qui a beaucoup marché, c’est clair qu’en commettant le prochain on a la pression du « mieux encore », alors il y a au préalable une introspection, une remise en question et on se dit : Qu’est-ce que je peux proposer de nouveau et de beaucoup plus attrayant ? », alors on optimise en essayant de ne surtout pas reproduire une pâle copie du précédent projet.

On est une fois de plus plongé dans l’amour, avec un léger parfum de mélancolie… Décidément c’est des formules qui te réussissent, ou on se trompe ?

Euh, disons que c’est ce que je suis, fondamentalement ; je pense qu’on ne peut pas conceptualiser une mélancolie ou bien une façon de donner de l’amour. Je considère que « je suis amour », c’est quelque chose que j’ai intégré très naturellement et ça devient facile pour moi de le transmettre.

D’où sans doute la phrase que la pochette arrière de cet album Massa : « L’amour est ce qu’il est ; il a ses hauts et ses bas, il peut se tromper, mais il ne triche ni ne trahi pas »…

Là je parle forcément de moi, mais en même temps je ne peux pas me désolidariser du reste du monde ; je parle de ma vision à moi de l’amour, de ce que ça représente, et j’ai voulu que ce bout de phrase soit visible sur le cd afin que l’on en mesure la puissance. Toutefois je ne dirai pas que c’est toujours beau ou qu’il est parfait, mais il ne triche et ne trahi pas parce que sans lui, nous serions perdus.

Dans tes précédents albums, on savoure langoureusement du Duala et du français, et d’aucuns espéraient un peu d’anglais dans le présent projet ; y as-tu songé, tout de même en studio ?

Honnêtement, j’y ai un peu pensé ; mais maintenant, pour moi, Massa est un album de transition. Faire un album complètement en anglais serait une rupture brutale ; là j’ai une démarche qui est qu’à chaque projet je puisse préparer les gens progressivement. Donc ça viendra, mais progressivement.

Une artiste camerounaise nous a avoué une fois que l’une de ses plus belles chansons, elle l’avait enregistrée complètement nue en studio ; ça t’arrive aussi ?

(Elle éclate de rire) C’est vrai que ça me plairait bien, mais honnêtement je préfère me mettre nue mais dans la tête et non ôter mes vêtements.

Pourquoi une si belle femme comme Charlotte ne s’est –officiellement- engagée encore ?

(La mine change tout d’un coup) C’est quoi être « engagée » pour vous ?

Une union civile et pourquoi pas à l’église ; comme on le dit vulgairement : Devant Dieu et les hommes…

Tout à fait ; et moi, tous les gens mariés que je connais sont malheureux. Juste pour vous dire que pour moi le mariage, tel que vous le définissez, n’est pas une fin en soi, c’est pas un objectif ni un truc qui m’empêche de dormir la nuit. J’estime même que je suis peut-être dans la bonne démarche. Parce que des fois, quand c’est fait, il se fait le constat qu’on ne se donne plus comme avant ou on ne se bat plus de la même façon. J’aime l’idée de savoir que « mon homme ait peur de me perdre, qu’il ne me considère pas pour acquis ». Et en plus je pense que c’est quelque chose qui arrivera quand je trouverai la personne qui partage les mêmes valeurs du mariage que moi. Parce qu’honnêtement si ce n’était qu’un mariage pour faire bling bling ou faire partir d’une communauté des gens qui sont mariés, j’en serais peut-être à mon 100ème aujourd’hui. Bref, pour vous dire que je n’ai pas de pression de société qui veuille qu’une femme soit obligatoirement mariée, car on ne se marie que quand on est « prêt » et non pas parce que la société nous en impose le moment.

Est-ce à dire que les portes ne sont pas complètement fermées ? Est-ce qu’il serait encore possible de séduire Charlotte Dipanda ?

Les portes complètement fermées ? Non pas du tout ; qui sait de quoi demain sera fait ? Moi je me laisse vivre et je pense être en phase avec ma vision du couple aujourd’hui ; je suis très épanouie par la qualité de la relation que je partage avec mon compagnon. Si un jour il arrive que je ne le sois plus, bah à ce moment on verra…

A quand remonte la dernière fois que tu as cuisiné un bon met camerounais ?

(L’atmosphère se détend) Hummm ! Je le fais très souvent ; les jours précédents mon voyage pour le Cameroun, j’ai cuisiné du couscous avec une bonne sauce gombo.

Tu es aujourd’hui une star internationale, tu as certainement pu réaliser plusieurs de tes rêves, mais quel serait l’un des rares fantasmes que tu n’aies jusqu’ici réalisée ?

(Elle hésite quelques secondes) Fantasme ? Je ne pense pas en avoir ; vous savez, j’ai du mal à me projeter dans 5 voire 10 années, moi je vis et prend les choses comme elles arrivent, tout en demandant toujours à Dieu de m’accorder la lucidité de capter les moments et de me rendre compte de la chance que j’ai d’être en vie. Je ne sais pas être triste, je suis plutôt quelqu’un qui savoure les instants que la vie peut nous offrir.

S’il t’était donné de jouer un rôle dans un film, pour lequel pencherais-tu ?

Oulala ! J’ai toujours voulu être actrice, mais je voudrais jouer un rôle qui serait complètement aux antipodes de ce que je suis fondamentalement…

Tu jouerais bien une femme fatale ?

Bah Oui ; Euh, non plutôt, excusez-moi… Disons que je ne sais pas si je serais capable d’incarner ce rôle, mais je serais plutôt curieuse de voir ce que ça donne si je le joue. Parce que j’ai un côté un peu trop carré, trop cartésien, sage et tout… Je jouerais bien, pourquoi pas, le rôle d’une méchante, histoire de voir jusqu’où je peux aller.

Tu as grandi au Cameroun, le fait d’être une artiste de renommée internationale, aurait-il changé la nature de tes rapports avec tes anciens potes ?

Jamais ! J’ai gardé les mêmes rapports avec tous mes amis et potes du Cameroun. J’estime qu’aujourd’hui je ne suis plus dans une situation qui me permette d’avoir de nouveaux amis. Ma meilleure amie, on a fait l’école à Mbouda ensemble, et elle est restée ma meilleure amie jusqu’à ce jour.