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Lizzy Mercier Descloux, au cœur du swinging New York

Réédition de l’album Press Color

Lizzy Mercier Descloux

© S. Tillet

Lizzy Mercier Descloux

05/10/2015 – Lizzy Mercier Descloux nous a laissé un souvenir : l’énorme tube Où sont passées les gazelles ?, hymne antiapartheid de 1984. Avant cela, elle a été une petite fille seule du quartier des Halles, puis une égérie du New York branché. Témoignage musical.

Sale temps : les années 1980 new wave, punk et no wave s’effacent lentement, malgré des sursauts bienvenus comme la réédition de l’album des débuts de Lizzy Mercier Descloux, Press Color. Cette réédition arrive en effet au moment où l’on apprend la mort d’Edwige Belmore, autre icône des années punk à Paris et à New York avec son groupe, Mathématiques modernes. Lizzy, comme Edwige, appartenait à la nuit, un monde, dont le centre a longtemps hésité à se placer entre Paris – Les Halles et le Lower East Side new-yorkais.

Press Color déborde de vie. Enregistré aux studios Blank Tapes de New York en 1979, ce disque sonne comme un album de rock expérimental du XXIe siècle : électro, funk, musique de film, fulgurances nonsense et punk. Du rythme avant toute chose. En témoignent Fire, reprise électro bossa du succès planétaire d’Arthur Brown, ainsi que Hard Boiled Baby, incantation jazz rock avec harmonica frappé de Parkinson, ou encore l’excellent No Golden Throat, avec ses “On n’y arrivera pas”… Deux titres, Torso Corso et Herpes Simplex, évoquent, eux, les morceaux éternels qu’enregistreront à Rennes, un an plus tard, Marquis de Sade (Brouillard définitif, 1981).

Dans ce premier album, Lizzy Mercier s’amuse beaucoup à l’exercice de la reprise : ainsi en va-t-il de deux thèmes de Lalo Schifrin, dont celui de Mission Impossible, ici dopé à l’EPO. Ou encore de Tumour, brillante parodie swing du Fever de Peggy Lee, le mot “fever” étant ici remplacé par “tumour”…

Fire

Lizzy Mercier Descloux
Press Color
(ZE Records/ Light In The Attic Records/PIAS))
2015

La présente réédition remastérisée de cet album inclut également Morning High, un superbe duo avec Patti Smith, où les deux femmes interprètent, en deux langues et sur fond de guitares planantes, la Matinée d’ivresse d’Arthur Rimbaud. Press Color sonne comme un joyeux bordel. Et c’est toute l’essence de la jouissance qu’il nous procure.

La future Lizzy naît Élisabeth Mercier en décembre 1956 à Paris. Elle y vivra son adolescence dans le quartier des Halles. Étudiante aux Beaux-arts, elle rencontre Michel Esteban, qui vient d’ouvrir une boutique de disques importés, Harry Cover, et connaît déjà l’avant-garde new yorkaise : Patti Smith, les Stooges ou encore Television. En 1975, Lizzy et Esteban s’envolent pour New York.

Lizzy, “très enthousiaste, drôle et un peu barrée” d’après le producteur Bill Lasswell, ne tarde pas à y devenir une des icônes de l’underground – ainsi que la petite amie de Richard Hell, de Television, qui, lui, la voit comme “une petite fille intello, une chanteuse aventurière taillée pour le sexe”… En 1979, avec Michel Esteban, dit DJ Barnes, à la guitare, Lizzy enregistre Press Color en deux semaines seulement, pour le prestigieux label ZE Records.

Suivront, jusqu’en 1988, cinq albums, dont Zulu Rock (1984), qui inaugure la vague de la world music : Lizzy, en voyage en Afrique du Sud et fascinée par le groupe de mbaqanga Mahlathini And The Mahotella Queens, donne cette couleur à tout son disque, engendrant ainsi l’énorme succès Où sont passées les gazelles ?, Bus d’Acier 1984 qui lui sera remis par Alain Bashung…

En 2000, Lizzy s’établit en Corse, peignant et écrivant des poèmes. En avril 2004, elle s’éteint à Saint-Florent, au pied du Cap Corse. Une “tumour” l’a emportée, vingt-cinq ans après Press Color, où elle la chantait de façon si moqueuse.

Lizzy Mercier Descloux Press Color (ZE Records/ Light In The Attic Records/PIAS)
La réédition des autres albums de Lizzy Mercier Descloux est prévue chez Light In The Attic Records, relayés en Belgique et en France par [PIAS], pour les mois à venir.

Site internet sur Lizzy Mercier Descloux

Page Facebook à propos de Lizzy

Par Jean-Claude Demari | RFI

Lizzy Mercier Descloux may have come of age in Paris, but it’s in New York’s Lower East Side that she really came alive. The French punk pioneer, a friend of Patti Smith and Richard Hell, moved to New York in 1977 and soon immersed herself in avant-garde poetry, performance art, and punk music.

Closely associated with the founders of ZE Records (home to Was (Not Was) and Kid Creole & The Coconuts), Descloux released her debut album, ‘Press Color’, in 1979, revealing a punk-funk sound that positioned her as the French answer to the UK group The Slits or New York’s own ESG. Just as The Slits gave “I Heard It Through The Grapevine” a makeover fit for warehouse parties on their celebrated ‘Cut’ LP, Descloux’s album revealed a penchant for the unexpected cover version too. It kicks off with a brilliantly rhythmic take on The Crazy World Of Arthur Brown’s ‘Fire’. There’s also a version of Lalo Schifrin’s theme from Mission Impossible that appears to predate the breakbeat scene by a good twenty years. Elsewhere, we hear echoes of Serge Gainsbourg’s Afro-beat-influenced work, Blondie’s disco-inflected punk, and Talking Heads’ world music-inspired art pop.

Βacked by guitarists / bassists DJ Barnes and Erik Elliasson plus drummer Jimmy Young, Descloux creates a naïve musical world in which rhythm is everything – not a byproduct of the song but the reason for its existence. It’s neither played nor sung with any great skill, but it has feel and character in spades and a looseness that’s all too rarely achieved.

Of course, an artist with song titles including “Tumor” (a cover of “Fever” with amended lyrics) and “Herpes Simplex” is never a shoo-in for mainstream acceptance, and like many a No Wave classic, the album sold little. Now regarded as a cult classic, this Light In The Attic reissue is presented in an extended 18-track edition, collecting much of Descloux’s work, including “Morning High” recorded with Patti Smith.

Descloux returned to Paris upon scoring a contract with CBS and soon found herself travelling to Africa to research the Afro-beat sound experimented with on ‘Press Color’. The hit single “Mais où Sont Passées les Gazelles?” and album ‘Zulu Rock’ followed. By the 1990s, Descloux had turned her back on music in favor of painting and writing, which she continued until her death in 2004. Her playful spirit lives on in this LP

1. Fire
2. Torso Corso
3. Mission Impossible
4. No Golden Throat
5. Jim On The Move
6. Wawa
7. Tumour
8. Aya Mood
9. Mission Impossible 2.0
10. Rosa Vertov
11. Decryptated
12. Herpes Simplex
13. Larousse Baron Bic
14. Tso Xin Yu Xin
15. Nina Con Un Tercer Ojo
16. Birdy Num-Num
17. Hard Boiled Babe
18. Morning High


Artist: Lizzy Mercier Descloux

Label: Light In The Attic

Format: CD & LP

Filled: Rock & Psych & Garage